une étude de mortalité inquiétante .

Ce que dit vraiment l’étude de mortalité présentée le 19 décembre 2019.

 

Le 19 décembre 2019 Santé Publique France fait une présentation partielle des résultats de la prolongation des l’étude de mortalité de 2001. Nous vous présentons ci dessous notre analyse : il existe bien des excès de décès dans la zone la plus proche des industries. Un document joint intitulé « Présentation « pédagogique » des premiers résultats de l’étude mortalité SPF 2019 et résultats ISPED 2001 », vous permettra de mieux comprendre la méthodologie utilisée qui explique ce résultat.

Dés les années 70 la SEPANSO64 demandait la réalisation d’une étude épidémiologique sur les zones proches des industries du Bassin de Lacq. Elle se heurtait à un refus des représentants de l’Etat.

En 2015, lors d’une audition par la cour des comptes, la SEPANSO64 découvre l’existence d’une étude de mortalité datée de 2001 cachée par l’Agence Régionale de la Santé pendant plus de 15 ans. La SEPANSO64 décide alors de rendre cette étude (ou étude ISPED) publique. Elle fait ressortir une surmortalité de 14 % chez les moins de 65 ans dans la zone la plus proche des usines entre 1968 et 1998. http://www.sepanso64.org/spip.php?a....

En 2016, La SEPANSO 64, la cour des comptes, le Conseil d’administration de la CPAM et quelques élus locaux demandent la prolongation de cette étude… Aujourd’hui Santé Publique France fait une présentation partielle, des résultats de la prolongation de cette étude. Les choses sont claires et les chiffres parlent d’eux mêmes… Il y a bien des excès de décès dans la zone la plus proche des industries du bassin de Lacq.

Lors de la réunion de bureau du Comité de Suivi des Sites du 19 décembre 2019 un power point intitulé : « Etude de mortalité dans la population riveraine du bassin industriel de Lacq »a été présenté.

Ce document reprend sur une dizaine de pages une petite partie de l’étude de mortalité de 2001.

Aujourd’hui, Santé Publique France décide de communiquer aux seuls membres de la commission de suivi du site du bassin de Lacq une analyse partielle de la prolongation de cette étude.

Les 20 autres et dernières pages présentent une autre étude de mortalité avec une méthode obscure, incomplète et totalement différente.

Il n’est donc, à ce stade, pas possible de tirer des conclusions sur cette deuxième étude.

Nous analyserons par conséquent uniquement les résultats de la prolongation de l’étude de 2001.

De plus, nous avons décidé de présenter un power point élaboré par Henri Pépin (membre de notre groupe de travail et Professeur Emérite de l’Institut National de la Recherche Scientifique à Montréal, Québec, Canada) qui aidera à la compréhension des tableaux présentés par Santé Publique France (pages 13 et 14)

La méthodologie : Tout comme cela est fait dans l’étude de 2001, • On compare la mortalité avec une population de référence choisie : ici l’Aquitaine. • on compare la mortalité dans 3 zones géographiques entourant le bassin industriel de Lacq : la zone 1 la plus proche des industries, la zone 2 adjacente à la zone 1 et la zone 3 adjacente à la zone 2 et la plus éloignée.

Ce que nous apprenons :

 En comparaison avec le reste de l’Aquitaine :

• Pour la période de 1968 à 2014, par rapport à l’ensemble de la population en aquitaine, il y a bien une surmortalité pour les maladies respiratoires de 10% dans la zone 1 la plus proche des industries et une surmortalité de 17% pour ces mêmes maladies respiratoires dans la zone 2 adjacente à la zone 1.

 La comparaison entre les zones (zone 1 et zone 2) et (zone 1 et zone 3) donne les résultats suivants :

• Une surmortalité de 11 % pour toutes les causes de décès dans la zone 1 par rapport à la zone 2 et une surmortalité pour ces mêmes causes de 15% pour la zone 1 par rapport à la zone 3 (la plus éloignée).

• Une surmortalité pour tous les cancers de 10% dans la zone 1 par rapport à la zone 2.

La zone 1 semble donc nettement impactée en terme de surmortalité en comparaison des zones 2 et 3.

De graves manquements :

 Les périodes analysées ne sont pas détaillées. Il est essentiel de présenter -comme cela est fait dans l’étude de 2001 - les résultats par périodes de 7 à 8 ans pour pouvoir comparer l’évolution de la surmortalité dans le temps.

 L’intégralité des résultats par classe d’âge n’a pas été transmise. Pour bien comparer ces résultats avec l’étude de 2001, il convient de distinguer les hommes et les femmes de plus de 65 ans et les hommes et les femmes de moins de 65 ans. Cela permet de savoir si la surmortalité touche une population jeune.

Une présentation complète aurait permis d’infirmer ou de confirmer les résultats qui se dégageaient lors de la première étude de mortalité à savoir un excès de mortalité chez les moins de 65 ans dans la zone la plus proche des industries et dans les dernières années étudiées.

Des regrets :

Il aurait été simple et plus correct de présenter la prolongation de l’étude de mortalité bien avant le 19 décembre 2019. Nous savons que la prolongation de cette étude ne demande pas 2 ans et nous nous interrogeons sur les raisons de sa communication incomplète, tardive.

Quoiqu’il en soit, les résultats sont là : il existe bien des excès de décès dans la zone la plus proche des industries.

Groupe de travail bassin industriel de Lacq, le 20 janvier 2020.