
Déviation de Cardesse, un bien mauvais choix de tracé
La SEPANSO Béarn demande d’annulation de l’arrêté préfectoral en date du 20 mars 2008
déclarant d’utilité publique les travaux d’aménagement de la déviation de Cardesse
Le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques a décidé de réaliser une déviation du
village de Cardesse. Cette route départementale (la D9) relie Oloron Sainte Marie à
Orthez en traversant le village de Cardesse.
Le projet n’étant pas compatible avec le Plan Local d’Urbanisme de Ledeuix, cette
décision de Monsieur le Préfet autorise le conseil général à procéder à des expropriations.
Le site envisagé, la plaine alluviale et inondable du Luzoué fait partie du site NATURA
2000 FR7200781 (« Le Gave de Pau »). Il s’agit en effet d’un habitat prioritaire
au niveau européen contenant notamment des espèces classées d’intérêt communautaire.
L’arrêté est illégal sur le fond, au regard des dispositions internationales et nationales :
- Absence de solutions alternatives
- La commission des mesures compensatoires n’a pas été informée par l’Etat français
- L’arrêté contesté par la SEPANSO ne tient aucunement compte des autres tracés avancés
lors de l’enquête publique (le bilan coût - avantages de chacun conformément à la
Directive Habitats n’est pas respectée) Le coût du projet envisagé (3,6 millions
d’euros pour 1280 mètres…) apparaît très largement disproportionné par rapport aux
variantes présentées à l’enquête publique - qui n’ont pas fait l’objet d’une étude
approfondie – et sans justification du fait de ses impacts très négatifs sur l’Environnement
comparé aux autres tracés.
- Le tracé retenu va affecter notamment des espèces comme l’écrevisse à pieds blancs
et la Lamproie de Planer classées en annexe II de la Directive
Habitats. Aucune
évaluation des incidences à l’égard de la loutre et du vison
d’Europe n’est envisagée.
- Le tracé traverse une Barthe, zone humide située en zone inondable. Or la SOGREAH a
effectuée en juillet 1998 une étude sur l’eau de laquelle il ressort que la zone
concernée par le projet est une zone inondable. La route surélevée empêchera le
Luzoué de s’étaler lors des crues et augmentera ainsi leur effets sur la rive opposée
et celles des communes en aval …
- Les riverains et habitants du quartier des YOLETTES vont se retrouver
enclavés avec des conditions de vie altérées. Une insécurisé des piétons, des risques
d’accidents pour l’accès à la RD 9 et l’accès au bourg (avec un seul point d’accès
ou de sortie sur la RD9 ou le village au lieu de trois actuellement), des nuisances
acoustiques importantes et un cadre de vie détérioré.
En 2002 une enquête publique avait déjà eu lieu, portant sur les différents tracés
possibles. Un des tracés envisagés permettait de se situer en dehors de la zone
inondable du Luzoué, en limitant les ouvrages d’art (dus à la traversé de
la zone inondable) et pour un coût deux fois moins élevé pour la collectivité.
La crue du 11 juin 2008 ne sera elle que prétexte à enrocher les berges et à accélérer
le courant pour le rendre plus dévastateur en aval ?