Un faux remède pour le climat, un vrai profit pour
les pétroliers
Au lendemain de la première réunion de la CLIS (Commission Locale d'Information et
de Suivi) du projet de stockage de CO2 de Total à Jurançon, dans les Pyrénées Atlantiques,
qui s’est tenue à la Préfecture de Pau mardi 3 juin 2008, les associations locales
Coteaux de Jurançon Environnement et SEPANSO-Béarn, et la Fédération Aquitaine SEPANSO
tiennent à préciser qu’elles s’opposent à ce projet
inutile, coûteux, et à risques pour les riverains.
L’ordre du jour de cette réunion n’ayant pas prévu de temps pour les questions, elles
n’ont pu
s’y exprimer. C’est pourquoi elles demandent l’organisation, sous l’égide de la Commission
Nationale du Débat Public (CNDP), d’un véritable Débat National sur le principe même
de
l’injection souterraine du CO2, en vue de l’abandon du projet de Total, inacceptable
dans une
zone peuplée et soumise à un risque sismique avéré.
Elles considèrent que ce projet n’a de véritable intérêt que pour la compagnie pétrolière,
qui
prolongerait ainsi sa rente pétrolière en encaissant de nouveaux bénéfices par le biais
du dépôt
de brevets et de la récupération de permis d’émission, alors même que cette technologie
ne
pourra de toute façon, à l’horizon 2020, permettre d’éviter que 0,06% des émissions
mondiales de CO2.
Le stockage souterrain ne présente pas d’avantages. Il détourne des financements
considérables de la recherche sur les énergies renouvelables. Le stockage oblige à
une
consommation supplémentaire de 40% d’énergie, il renchérit donc énormément le coût
des
centrales, induit une électricité plus chère - ce qui profite aux compagnies productrices
mais
pas aux consommateurs - alors que des sources d'énergies renouvelables seraient au
final
moins chères.
Dans le cas de Jurançon, il crée des risques pour les riverains, alors même que l’étude
de
sécurité fournie par Total comporte de nombreuses lacunes et points faibles sur des
sujets
importants et qu’elle ne prévoit aucun plan de protection des populations
La recherche publique sur le CSC ne vise aujourd’hui que « l’acceptabilité sociale
» de
l’inacceptable, au lieu d’étudier, de façon indépendante, les risques et le bilan global
(énergétique, sécuritaire, foncier) de cette technologie.
Les associations rejettent en outre le modèle juridique prévu, dans lequel l'Etat prendra
en
charge, sur fonds publics, la surveillance, la maintenance et la responsabilité à long
terme des
stockages.
…/…
La transition énergétique doit commencer aujourd'hui. La recherche et les
financements privés
et publics doivent être massivement orientés vers l’amélioration de la performance
énergétique et des énergies renouvelables. Aujourd’hui, c’est en Inde que se développent
les
prototypes de panneaux solaires tout-en-un : thermique et photovoltaïque. La France
continue
à prendre du retard sur ces technologies d’avenir, en restant soumise au lobby d’une
unique
compagnie pétrolière.
Les associations refusent les fausses solutions qui contribuent à « verdir » l’image
des
énergies fossiles, vestiges du passé et considèrent qu’il faut se tourner très rapidement
et
massivement vers des énergies de substitution, qui sont aujourd’hui techniquement
disponibles.
Contact presse : Marie-Laure LAMBERT - 06.78.83.63.74
Position des Associations Santé-Environnement-Bassin
de Lacq et SEPANSO sur le stockage de CO2