COMMUNIQUE DE PRESSE :
Suite au jugement rendu le 21 avril dernier, la Fédération SEPANSO, la SEPANSO Béarn,
et la Société Nationale de Protection de la Nature ont décidé de faire appel de la
décision.
Tel qu’il ressort de la décision rendue l’infraction au titre de la destruction d’espèce
protégée est constituée et Monsieur Marquèze était en état de nécessité au moment des
faits.
Cependant la faute exclusive de l’état de nécessité s’analyse comme une faute civile.
Il s’agit là d’un manquement à une obligation légale ou règlementaire ou à une obligation
générale de prudence et de diligence.
Au titre de Président de l’ACCA d’Urdos qu’il était jusqu’à quelques jours avant les
faits, il ne pouvait ignorer que les chasseurs avaient signé au travers de la fédération
départementale des chasseurs le 31 janvier 1994, une charte par
laquelle ceux-ci s’engageaient spontanément à limiter leurs activités de
chasse en considération de la présence possible de l’ours.
En contrepartie de cet engagement il est important de rappeler que les chasseurs avaient
obtenu le retrait de réserves de chasse dites LALONDE.
Le réseau d’alerte avait fonctionné puisque l’ACCA avait été avisée de la présence
de l’Ours dans la zone du col de Bendous.
L’indication donnée sur la présence de l’ours ne pouvait faire l’objet d’une interprétation
aussi légère de la part des chasseurs.
Par ailleurs l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage a édicté une plaquette
prévoyant les règles minimales de battue. Ces règles imposent l’utilisation d’un dispositif
d’alerte sonore. Monsieur Marquèze était réputé connaître les consignes
de sécurité diffusées par l’ONCFS. Si ce dispositif avait été utilisé
dès le début de l’opération de chasse lors de la première rencontre d’un des chasseurs
(Monsieur Claverie) avec l’ours cela aurait permis de contraindre Monsieur Marquèze
à quitter son poste de tireur en bout de dispositif.
Il était là aussi libre de refuser de participer à une battue ne respectant pas les
règles minimales de sécurité édictées par l’ONCFS.
Pourtant la responsabilité pèse aujourd’hui sur l’Etat qui n’a pas pris
les mesures nécessaires d’interdiction de la chasse pour préserver l’Ours des Pyrénées.
Il est quelque peut facile de mettre à la charge de l’Etat cette responsabilité dans
la mesure où se sont les chasseurs eux-mêmes qui ont tout fait pour éviter les mesures
d’interdiction et ont souscrit conventionnellement des engagements de prudence et diligence.
Au plan juridique de l’analyse de la faute exclusive de l’état de nécessité cette position
fait abstraction de la responsabilité personnelle de Monsieur Marquèze et de ses implications.
Si cette analyse est retenue elle serait de nature à engager la responsabilité de l’Etat
français auprès des Associations de Protection de la Nature et de la Commission Européenne
et mettrait à la charge du contribuable d’importantes pénalités.
La question de la responsabilité collective ou de la responsabilité individuelle dans
la disparition de la dernière Ourse de souche Pyrénéenne est donc posée. La décision
prise va entraîner de lourdes conséquences pour les finances publiques. L’Etat français
ne s’y est pas trompé en se constituant partie civile et en réclamant 20 000 euros
de dommages et intérêts.
C’est pourquoi la fédération SEPANSO, la SEPANSO-Béarn, et le SNPN demandent en leur nom
mais aussi au nom de l’Etat de préserver leurs intérêts en faisant appel du jugement.
Pour la SEPANSO-Béarn
Le Président,
Jacques Mauhourat
Allez voir le
site de l'Etat
consacré à
l'ours brun ou ceux de l'
association
FERUS et du
Pays de l'ours pour
en finir avec les idées fausses sur l'ours.