Une nouvelle impasse pour faire durer un système agricole
productiviste en bout de course : la production de biocarburant à
partir de maïs irrigué !
Une usine de production d’éthanol à partir du maïs
va s’implanter à Lacq. Présenté comme une bouffée
d’oxygène pour un bassin chimique en mal de reconversion ce projet
devrait assurer le « développement durable » des pollutions
agricoles dans notre département.
Comment sous le couvert d’une directive européenne qui propose
l’utilisation de 5,75 % de « biocarburants » en remplacement
du pétrole dans les transports on va créer une filière
de production énergétique à faible rendement, à
partir d’une céréale : le maïs dont la culture est
fortement polluante, et consommatrice de pétrole.
La maïsiculture irriguée a des conséquences désastreuses
sur l’Environnement :
- Pollution des sols, des eaux, de l’air par les nitrates, lisiers, produits
phytosanitaires (herbicides, fongicides, insecticides)
- Perturbations hydrauliques et hydrobiologiques provoquées par les
barrages-réservoirs dédiés à l’irrigation
nécessaire à un mode de production intensif fort gaspilleur
en eau.
La plupart des agriculteurs landais utilisent près de 5000 m3 d’eau
par hectare ou plus : un véritable gaspillage ! Ceci pour justifier
quelques quintaux de maïs en plus : 80 à 90 quintaux sans
irriguer, 110 à 120 quintaux grâce à l’irrigation.
Les surfaces irriguées dans le bassin de l’Adour ont été
multipliées par 3 en 20 ans : 50 000 hectares en 1980 , 158.000
en 2002 ! Au moment où le niveau des cours d’eau est au plus bas,
la maïsiculture irriguée représente ainsi près
de 80 % des prélèvements.
Si le maïs irriguée est une plante « rentable »
c’est grâce au soutien du contribuable par l’intermédiaire
de la prime à l’irrigation de près de 500 € par hectare en 2004.
Se rajoute le financement de barrages-réservoirs comme celui du
Gabas : quelques centaines de millions d’euros supplémentaires
destructeurs des milieux aquatiques.
Comment justifier encore un tel gaspillage de la ressource en eau alors que nous
allons avoir des contraintes climatiques de plus en plus fortes
qui vont rendre l’accès à l’eau de plus en plus difficile
et que le partage de la ressource en eau devra devenir plus équitable ?
Aujourd’hui le débouché des biocarburants via la production
d’éthanol et bientôt des sous-produits industriels issus
du maïs, devient une sortie de crise pour des producteurs soumis
à la concurrence du marché mondial.
Pourtant déjà cette année de nombreux exploitants
se tournent vers les céréales à paille et abandonnent
le maïs, d’autres se convertissent à l’agriculture biologique
car sans intrants ni d’eau il est possible de produire 50 à 60
quintaux par hectare. D’autres encore vont semer du colza pour produire
de l’huile carburant utilisable directement par le producteur sur son
lieu de production.
Il serait grand temps de changer de politique agricole. Celle que nous
subissons est en bout de course, si nous n’en changeons pas de manière
volontariste, ce sont les évènements naturels eux-mêmes
qui nous y contraindrons !